Bon nombre de femmes ne savent pas vraiment quand est-ce qu’elles ovulent. D’autres pensent ovuler mais n’en sont pas vraiment sûres. Il est vrai qu’on peut vite être perdue avec cet événement du cycle. Pourquoi ? Parce que c’est un événement invisible et qu’on ne nous a jamais appris à repérer notre ovulation ! Contrairement aux règles où c’est assez visible qu’on les a, une ovulation, elle est bien plus discrète.
Alors vous allez me dire : oui mais on m’a toujours dit que l’ovulation est le 14ème jour du cycle ! Attention, cette information est fausse. Toutes les femmes n’ovulent pas à tous leurs cycles au 14ème jour. Nous ne sommes pas des robots, notre cycle est bien plus subtil et fragile que l’on croit. En théorie dans un cycle équilibré, l’ovulation devrait avoir lieu au milieu du cycle. Et comme beaucoup pensent qu’un cycle dure 28 jours (ce qui n’est le cas que de 30 % des femmes), le 14ème jour du cycle est le milieu. Maintenant que vous comprenez mieux ces chiffres, parlons plus sérieusement. Les calculs basés sur des normes générales ou encore pire, des applis prédictives ne permettent jamais de savoir si on a ovulé ou pas.
Le seul moyen de le savoir depuis chez soi est la symptothermie. Et je vais tout vous expliquer dans cet article.
1- Pourquoi est-il si difficile de savoir si l’on a ovulé ?
L’ovulation est un événement invisible
Clairement l’ovulation c’est un événement invisible à l’œil nu ! Et la plupart du temps c’est un événement qu’on ne sent pas. Certaines femmes peuvent avoir des douleurs au moment de l’ovulation, ces fameux coups de poignards qui durent une vingtaine de minutes (douleurs provoquées par la sortie de l’ovocyte mature de l’ovaire). Mais ces douleurs ovulatoires ne sont pas une preuve que l’ovulation a eu lieu (car ces douleurs peuvent aussi être confondues avec des douleurs digestives – les femmes qui ont mal à l’ovulation ont aussi souvent des douleurs digestives)
Les signes souvent interprétés à tort
Beaucoup de femmes se basent sur leur ressentis corporels pour déterminer l’ovulation. Douleurs dans le bas-ventre, sensibilité à la poitrine, libido plus élevée, spotting peuvent apparaître au moment de l’ovulation mais aussi à d’autres moment du cycle. Par exemple, il faut savoir que les femmes ont 3 pics de libido dans leur cycle menstruel. Même s’il y a en a bien un au moment de l’ovulation, seul, cet indicateur ne suffit pas. Il donne juste un indice sur la période ovulatoire. Idem pour le spotting. Il peut apparaître aussi dans 2ème phase du cycle et ne suffit donc pas à lui seul.
Bref, ces indicateurs seuls ne suffisent pas à prouver une ovulation. D’ailleurs l’ovulation ne dure que quelques heures alors que ces signes durent généralement plus longtemps.
Même un cycle régulier ne garantit pas une ovulation
L’ovulation est un processus complexe. Elle résulte de la maturation d’un ovocyte et de son expulsion de l’ovaire. Et pour ce faire, il faut que tous les éléments soient réunis : travail ovarien suffisant, pic de LH, rupture du follicule, libération de l’ovocyte.
Même si un cycle semble régulier, il se peut qu’en souterrain, l’ovulation ne soit pas au milieu du cycle voire qu’il n’y ait pas d’ovulation du tout (cycle anovulatoire).
Pourquoi ? Parce que le cycle menstruel varie naturellement en fonction d’évènements comme le stress, la chaleur, l’alcool, un repas copieux, une maladie, etc.
2 -Les méthodes les plus courantes pour repérer l’ovulation : que valent-elles vraiment ?
Les applis de suivi de cycle
Les applis comme Clue ou Flo sont des applis prédictives. Cela veut dire qu’elle prédisent (un peu comme une voyante !) la prochaine ovulation et les prochaines règles à partir des informations qui auront été renseignées auparavant. Ces applis font une moyenne pour estimer le futur. Ce ne sont que des suppositions et ne sont pas en lien avec la réalité du cycle menstruel. Je me répète mais nous ne sommes pas des machines, le cycle menstruel est subtil et sujet à variations. L’ovulation résulte d’un processus physiologique et non d’un algorithme.
Donc une appli : oui pour la curiosité de suivre son cycle. Mais elle ne sera jamais fiable pour déterminer son ovulation et encore moins confirmer une ovulation.
Les tests d’ovulation urinaires
Ces tests d’ovulation urinaires ne détectent pas l’ovulation. Ils détectent une augmentation de la LH – hormone lutéinisante – dans les urines. En fait, ils détectent ce fameux pic de LH qui déclenchera ensuite l’ovulation dans les 24 à 36 heures suivants. En général, après un pic de LH, il y a rupture du follicule et libération de l’ovocyte dans les trompes. Mais pour autant, il peut y avoir pic de LH non suivi d’une ovulation effective. Le processus n’a pas aboutit. C’est ce qu’on appelle en symptothermie, une tentative d’ovulation. On peut rencontrer cette situation notamment chez les femmes qui ont un Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK) ou Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien (SMOP), chez les femmes qui ont pris la pilule pendant de nombreuses années, chez des femmes avec d’autres soucis de santé ou tout simplement en période de périménopause, allaitement, etc
Donc le teste de LH oui, mais il ne confirme pas l’ovulation ! Il informe juste qu’une éventuelle ovulation peut avoir lieu.
Les prises de sang et échographies
Prises de sang et échographie sont des méthodes médicales de référence pour voir arriver une ovulation et la confirmer.
Avec une échographie, le gynécologue va pouvoir observer le processus physiologique de très près et en temps réel. Mais cette méthode n’observe que ce qu’il se passe au moment où il y a l’échographie. Ce qui veut dire que pour confirmer à 100 % une ovulation, il faudrait passer la journée à faire des échographies, ce qui dans notre quotidien semble assez inadapté 😃
Avec des prises de sang, on peut observer les variations hormonales de la LH, de l’estradiol et de la progestérone. Mais là encore, cela demande de faire plusieurs prises de sang dans le cycle pour avoir des données fiables et interprétables. Ce qui n’est pas toujours adapté à nos quotidiens.
3 – Peut-on confirmer une ovulation grâce à la symptothermie ?
Le principe de la symptothermie
La symptothermie est une méthode d’observation du cycle menstruel. Elle permet aux femmes de déterminer leurs phases fertiles et infertiles dans leur cycle menstruel.
Elle repose sur l’observation de deux indicateurs de fertilité :
– La glaire cervicale (ou fluide cervical, élixir de vie, pertes blanches, etc). Ce sont les sécrétions du col de l’utérus. Elles varient au fil du cycle aussi bien terme de texture, de couleur que de quantité. Quand elle est fertile, elle sert à nourrir les spermatozoïdes pour qu’ils aient suffisamment d’énergie pour remonter jusqu’à l’ovule et le féconder. Car oui, n’oublions pas que le seul objectif du corps de la femme est de reproduire l’espèce humaine 😃
– La température basale. C’est la température de notre corps. Elle aussi varie au fil du cycle menstruel sous l’effet des hormones. Sous l’effet des œstrogènes, on observe un plateau de température dit bas. Et sous l’effet de la progestérone, on observe un plateau de température dit haut. C’est au moment de l’ovulation que la température augmente.
Ainsi en croisant ces deux indicateurs, il possible de confirmer (ou infirmer) une ovulation. Une glaire cervicale de catégorie « très fertile » suivie d’une montée de température puis d’un plateau haut de température, confirme une ovulation.
Ça vous paraît simple ? Alors je vous explique ce qu’il se passe dans le corps d’une femme.
Ce qu’il se passe avant l’ovulation
L’ovulation est un processus de maturation d’un ovocyte. Ce qui est important à retenir c’est que c’est un PROCESSUS. Il n’y a rien d’instantané et il peut être perturbé par des événements. Mais si tout se passe bien, voici ce qu’il se passe.
La glaire cervicale va évoluer aussi bien en terme de texture, de couleur que de quantité. Au début du cycle la glaire cervicale est plutôt d’aspect yaourt / crème pour le visage. Puis sous l’effet des œstrogènes, elle va changer et devenir de plus en plus élastique et filante. Jusqu’au moment où elle atteint son pic de fertilité avec la texture « blanc d’œuf cru ». Cette glaire cervicale est la plus fertile du cycle est annonce la période ovulatoire.
En parallèle, la température est relativement basse, c’est le plateau bas de température comme on dit en symptothermie.
Ce qu’il se passe après l’ovulation
Après l’ovulation, au niveau de la glaire cervicale, il y a un changement net de texture. Soit on observe plus rien du tout (absence de glaire), soit on observe une glaire plutôt sèche, craquelée, de couleur jaunâtre et en faible quantité. Et côté température, on observe un plateau haut de température, montée de température liée à la sécrétion de la progestérone, hormone de la 2ème partie du cycle menstruel.
4 – Les 3 signes qui permettent de confirmer une ovulation en symptothermie
a- Une montée de température sur plusieurs jours
Avec l’ovulation et sous l’effet de la progestérone, la température du corps augmente légèrement. Entre 0,2°C et 0,5°C. C’est cette élévation de température qui va dessiner le plateau haut de température utilisé en symptothermie. Si on observe 3 températures hautes successives après une glaire cervicale très fertile, on pourra conclure que l’ovulation a bien eu lieu. Ceci est le cas général, il y a beaucoup de cas particuliers en symptothermie. Mais c’est pour vous donner une idée de comment ça se passe.
b – Changement ou disparition de la glaire fertile
Comme je vous l‘expliquais juste avant, pour qu’une ovulation soit confirmée, il faut avoir observer une glaire cervicale très fertile, celle en banc d’œuf cru PUIS un changement net de texture ou alors une disparition de la glaire cervicale. Sans ça, on ne peut rien interpréter.
c – La simultanéité des 2 signes précédents
En symptothermie, on ne se base pas sur un seul signe. Pour avoir une véritable fiabilité, nous avons besoin de 2 signes présents en même temps dans le cycle menstruel. Sans ça, on ne peut pas être sûre. C’est donc en ayant à la fois un plateau haut de température et un changement ou disparition de la glaire cervicale qu’on l’on pourra confirmer une ovulation. C’est en recoupant les indicateurs que la symptothermie devient une alliée pour déterminer son ovulation.
À quoi ressemble une courbe avec une ovulation confirmée ?
J 15 ovulation, J 16 début du plateau haut
5 – Pourquoi certaines femmes pensent avoir ovulé alors que ce n’est pas le cas ?
Les tentatives d’ovulation
Elles existent comme je l’expliquais plus haut en parlant du test de LH. En effet le corps peut préparer une ovulation mais ne pas réussir à aller jusqu’au bout. Cela peut être par exemple le cas chez les femmes qui ont un Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK) / Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien (SMOP), chez les femmes qui ont pris la pilule pendant de nombreuses années mais aussi en période de périménopause, allaitement, etc.
Les cycles sans ovulation
Ce sont les cycles dits « anovulatoires ». En symptothermie, on rencontre peu ce type de cycle. On observe des cycles très long mais un cycle sans ovulation n’est pas un « vrai » cycle. Un cycle normal se compose toujours d’un plateau bas de température suivi d’une montée de température et d’un ovulation, puis des règles.
En revanche en symptothermie, on observe des événements qui viennent perturber et donc allonger le cycle à cause d’une ovulation retardée / tardive. Ces événements sont nombreux : un pic de stress, un choc émotionnel, un virus ou une infection, la prise d’alcool, etc. Il y aussi des moments dans la vie d’une femme où le cycle est différent du reste du temps. C’est le cas en post-partum, en périménopause ou à l’arrêt d’une contraception hormonale.
6 – Que faire si tu n’arrives pas à savoir si tu ovules ?
Commencer à observer son cycle
Observer son cycle c’est observer et noter tous les jours ce que tu as constaté au sujet de ton cycle. Tu as peut-être remarqué des variations au cours de ton cycle : humeur, énergie, appétit, sommeil, etc. Tous ces élements sont hyper pertinents à repérer pour mieux te connaître au fil de ton cycle. Mais pour revenir à notre sujet l’ovulation, tu peux observer 3 indicateurs.
Tu peux commencer à observer plusieurs fois par jours la glaire cervicale dans tes sous-vêtements ou quand tu vas aux toilettes. Et noter la texture, la couleur, la quantité que tu vois.
Tu peux noter aussi les différents saignements que tu observes : couleur, abondance. Mais attention, tous les saignements ne sont pas des règles et ce qu’on apprend à différencier en symptothermie.
En symptothermie, on prend et note tous les jours aussi sa température à l’aide d’un thermomètre spécialement conçu pour pratiquer la symptothermie (par exemple le Cyclotest chez Bivea)
Avec ces 3 observations, tu as déjà de bonnes bases pour observer ton cycle et repèrer ton ovulation.
Éviter les erreurs d’interprétation
Même si tout cela peut paraître simple, les erreurs d’interprétation sont nombreuses ! Par exemple, il est indispensable de prendre sa température tous les jours à la même heure et avant toute activité physique. Il est aussi indispensable d’observer sa glaire cervicale plusieurs fois par jours pour avoir la meilleure information possible et ainsi déterminer la plus fertile. Et enfin comme tous les saignements ne sont pas des règles, cela demande de savoir repérer ses règles.
Bref, observer et interpréter son cycle à la manière de la symptothermie en le faisant toute seule est source de risque de grossesse non désirée ! Le plus fiable et donc le plus sécuritaire est de se faire accompagner.
Se former à la symptothermie
Être guidée dans l’apprentissage de la symptothermie permet de réellement gagner du temps, de comprendre la physiologie du cycle menstruel et ainsi d’avoir confiance en ses propres observations. Bien que ce soit une méthode naturelle, la symptothermie demande rigueur et régularité pour en faire une méthode pertinente.
7 – Apprendre à confirmer son ovulation grâce à la symptothermie
Aucune prédiction ne remplacera l’observation, la connaissance et la compréhension de ton cycle menstruel. La symptothermie permet d’observer la réalité de TON cycle (et pas celui d’autres femmes) avec toutes tes nuances de cycle en cycle.
Et c’est ce que je propose aux femmes désirant mieux comprendre l’unicité de leur corps, retrouver de l’autonomie dans la gestion de leur fertilité et gagner en confiance par rapport à leur cycle menstruel. Je forme les femmes étape par étape dans un cadre pédagogique clair et rassurant. Tu as besoin de 2 séances pour savoir observer correctement ton cycle menstruel et interpréter tes observations (et ainsi savoir quand tu as ovulé).
Toutes les infos sur ma formation sont ici https://www.aline-demolin.fr/formation-symptothermie/
Aline Demolin, Conseillère en symptothermie
Je forme les femmes à une symptothermie fiable et sécuritaire
- Symptothermie et ovulation : comment savoir si tu as vraiment ovulé ?
- Symptothermie : comparaison avec les autres méthodes naturelles de fertilité
- 5 idées reçues sur la symptothermie
Questions fréquentes – Symptothermie et ovulation : comment savoir si tu as vraiment ovulé ?
Est-ce possible d’ovuler sans s’en rendre compte ?
Oui tout à fait et c’est d’ailleurs le cas pour la majorité des femmes ! Celles qui se rendent compte qu’elles sont dans la phase ovulatoire, le savent car elles ont des douleurs à ce moment-là ou une perception très très fine de leur corps.
Peut-on avoir ses règles sans avoir ovulé ?
Non, physiologiquement cela n’est pas possible. Il faut savoir que tous les saignements (même les plus abondants) ne sont pas des règles. De vraies règles, au sens de la physiologie, sont des saignements qui interviennent après un cycle normal. Un cycle normal est un cycle où on observe un plateau bas de température suivi d’un plateau haut de température. C’est d’ailleurs pour cela que sous pilule, ce ne sont pas de vraies règles même si les saignements en ont tout l’air, parce que tout simplement la pilule coupe le programme physiologique du cycle menstruel. Sous pilule ce sont des saignements de privation.
Les tests d’ovulation sont-ils fiables ?
Les tests d’ovulation permet de repérer un pic de LH. C’est leur seul objectif et ils sont fiable pour cela.
Combien de temps la température reste-t-elle haute après l’ovulation ?
Un plateau haut de température apparaît après ovulation. On peut avoir au maximum 16 jours de plateau haut avant d’avoir ses règles. S’il dure plus longtemps, c’est qu’une grossesse a démarré. Après 18 jours de températures hautes, on présume un début de grossesse en symptothermie. Après 21 jours, elle se confirme en symptothermie.
Une appli peut-elle confirmer une ovulation ?
Non, aucune appli ne peut confirmer une ovulation. L’appli n’est pas connectée au corps ! Seule une échographie en temps réel ou la symptothermie permet de confirmer une ovulation.
Comment savoir si l’ovulation a échoué ?
En symptothermie, on peut voir sur le cyclogramme qu’une ovulation a échoué si le plateau de température ne se maintient pas en températures hautes.