Quand la pilule pour l’endométriose fait prendre du poids

De nombreuses femmes touchées par l’endométriose se plaignent prendre du poids avec la pilule pour l’endométriose. En général, ces femmes sont relativement satisfaites du traitement car il permet de réduire les douleurs significativement. Mais côté poids, c’est plutôt la mauvaise surprise.

Oui, malheureusement un des effets secondaires de la prise de pilule est la prise de poids. Mais il existe des solutions pour minimiser ce type d’effets secondaires de la pilule en cas d’endométriose.

J’ai accompagnée une femme avec cet objectif. Elle avait pris beaucoup de poids pendant toute la période où elle était sous pilule en continue. Et elle n’assumait pas ce poids et n’assumait plus son corps. Elle s’y sentait mal et elle voulait retrouver un poids « normal », comme elle avait dit. Elle voulait se réapproprier son corps et se sentir femme. Pour elle, le plus difficile, c’était de se projeter dans l’avenir avec ce poids.

Comment fonctionne la prise de poids quand on prend une pilule en continue pour l’endométriose ?

L’endométriose est une maladie à la fois inflammatoire et hormono-dépendante. Pour mieux comprendre le fonctionnement de l’endométriose avec les prises en charges possibles, j’ai écrit cet article : Ma définition de l’endométriose.

Piste N°1 de la prise de poids : les effets secondaires des progestatifs

Le premier traitement proposé en cas d’endométriose est un traitement hormonal en continue, bien souvent la pilule. Mais ce n’est parce qu’on est sous pilule que l’on ne peut pas perdre de poids. Il est tout à fait possible de perdre du poids de manière durable même avec l’endométriose et même en étant sous traitement hormonal en continu. D’ailleurs, la perte de poids, en cas de surpoids, est très bénéfique pour améliorer sa qualité de vie avec l’endométriose.

En cas d’endométriose, les progestatifs sont prescrits pour venir bloquer le cycle menstruel. L’effet recherché est de venir brouiller le fonctionnement naturel du cycle menstruel. Cela se fait par l’administration d’hormones de synthèse qui vont lancer un autre programme que celui du cycle menstruel. Ainsi il n’y a plus d’ovulation et donc plus de règles et par conséquent plus de douleurs liées aux règles. Mais les progestatifs peuvent avoir des effets secondaires. En effet les progestatifs augmentent la sensation de faim. On a donc l’impression d’avoir plus faim que d’habitude ! Et si on répond à l’ensemble de ces signaux de faim par un repas ou une collation, on peut très vite être amenée à manger davantage. Ces prises alimentaires qui vont au delà du métabolisme peuvent ainsi conduire à terme à une prise de poids.

Cela est une première cause de la prise de poids lorsqu’on prend la pilule pour l’endométriose.

Piste N° 2 de la prise de poids : l’inflammation chronique

L’endométriose est une maladie inflammatoire. Cela veut dire que le terrain est propice au développement de l’inflammation. Le souci c’est que cette inflammation vient modifier différents mécanismes du corps notamment au niveau de l’insuline et du glucose. Ce qui induit une modulation de l’appétit. Et là encore, si les sensations de faim sont perturbées, qu’on a davantage faim, manger davantage va être plutôt normal. Mais le prise de poids peut suivre.

Voilà pourquoi l’inflammation chronique entraine de manière indirecte une prise de poids.

Piste N° 3 de la prise de poids : surcharge des émonctoires

Dans mon approche naturopathique, je considère la pilule comme tout médicament. Les médicaments sont considérés par le corps comme une substance toxique : une substance qui vient de l’extérieur du corps, sans pour autant être un poison ! Une substance toxique est définie en opposition aux toxines qui elles sont endogènes et générées par le métabolisme naturel de l’organisme. Tout comme la pollution aérienne ou les pesticides, la pilule prise sur le long terme vient surcharger l’organisme. Plus précisément, la pilule vient surcharger les émonctoires. Les émonctoires sont les organes en charge de l’élimination des déchets. Quand il sont surchargés, ils deviennent moins performants. A l’image d’une voiture, l’huile du moteur s’encrasse avec le temps et rend le fonctionnement du moteur moins performant. C’est pourquoi effectuer une vidange régulièrement pour renouveler l’huile du moteur et d’optimiser le fonctionnement du moteur est recommandé. C’est la même idée pour notre organisme. Si les émonctoires sont surchargés, cela va conduire à réduire l’efficacité de leur travail de « nettoyage ». A terme, un organisme qui ne peut plus très bien être nettoyé va rendre l’élimination des toxiques et des toxines plus difficile. On arrive alors à une accumulation dans le corps.

C’est cette accumulation et/ou ce manque d’élimination qui peut conduire indirectement à une prise de poids.

C’est tout cela que j’ai expliqué à ma cliente. Cela lui a permis de enfin comprendre pourquoi elle avait autant pris de poids.

Que mettre en place en cas de prise de poids avec la pilule pour l’endométriose ?

Il existe plusieurs solutions pour prendre en charge le poids pris à cause de la pilule en continue pour l’endométriose. Voici quelques pistes pour vous expliquer ce qu’on a fait avec ma cliente.

Mise en place d’une alimentation santé

On a fait un grand bilan alimentaire. Il s’agissait de voir de quoi sont composé ses assiettes et ses collations, en terme de quantité et de qualité nutritionnelle. L’objectif de ce bilan alimentaire est de repérer les éventuelles carences et surcharges dans l’assiette pour l’alimentation réponde à ses besoins individuels et personnels. L’autre objectif est aussi retrouver la santé de manière générale, aussi bien côté endométriose que du poids. Alors après ce point sur son alimentation, je lui ai proposé d’adapter ses repas de manière à ce qu’ils cessent d’entretenir l’état inflammatoire de l’organisme et que sa digestion soit plus agréable.

Relation à l’alimentation

Regarder son alimentation, c’est regarder sa relation à l’alimentation. Qu’est ce que je me raconte quand je mange ? Qu’est-ce qui me pousse à manger si je n’ai pas faim ? Comment est-ce que je juge mon assiette ? Avec ma cliente, on a travaillé sur sa manière de manger et elle a appris à observer ce qui déclenchait ses fringales. On s’est rendues compte qu’il y avait une vraie dimension émotionnelle dans ses prises alimentaires. Elle mangeait parfois pour compenser une émotion désagréable. C’est comme ça qu’elle a pris conscience que ses fringales n’étaient pas que dues à la prise de la pilule ! On a donc travailler sur la sphère psycho-émotionnelle pour que ces émotions désagréables ne soient plus que gérées par une prise alimentaire. Elle a ainsi apprivoisé ses émotions et trouver d’autres solutions pour les accueillir.

Pratique d’une cure de soutien

Un organisme dont les émonctoires sont surchargés a besoin d’être soutenu. Pour cela, il existe différentes cures qui se pratiquent avec des plantes. Ces cures sont personnalisées et la prise de plante doit toujours se faire sur les conseils d’un professionnel formé. Pour ce qui est de ma cliente, je lui ai appris à mettre en place des cures pour à la fois soutenir son organisme, et notamment sa sphère digestive, et réduire l’inflammation.

Ce sont les 3 grandes pistes que nous avons exploré avec ma cliente. Mon approche étant globale, nous avons aussi abordé d’autres sujets en lien avec son endométriose et sa prise de poids : réduction de son niveau de stress, retour à une activité physique, suivi de son cycle menstruel, etc.

Les résultats d’une prise en charge globale pour la prise de poids liée à la pilule en continue pour l’endométriose

J’ai accompagné cette femme pendant 3 mois. Durant cette période, elle a opéré de nombreux changements dans son hygiène de vie. Cela lui a permis de perdre progressivement du poids tout au long de l’accompagnement et même encore après. Elle n’avait quasiment plus de fringales. Et elle avait plaisir à découvrir une nouvelle alimentation qui lui faisait beaucoup de bien. 

Au final, elle a perdu 10 kilos en l’espace de 6 mois. Et la bonne nouvelle, c’est qu’elle ne les a jamais repris ! Cette femme se sent globalement mieux dans son corps et mieux avec son endométriose.

Pour conclure

Le poids est une problématique multifactorielle. Que la volonté soit d’en perdre ou d’en prendre, le poids revêt toujours une dimension physiologique et émotionnelle. C’est une thématique que j’adore aborder avec mes clientes. Ce qui est beau, c’est d’aller creuser ce qu’il y a derrière la prise de poids, explorer les émotions que cela fait ressortir, les croyances sur l’alimentation que l’on s’est appropriées et les pensées que l’on a qui ne nous font pas du bien. 

Bien trop souvent on focalise sur le contenu de son assiette (pour en savoir plus, voici mon article L’alimentation adaptée à l’endométriose) alors que la relation avec son assiette est tout aussi déterminante.

Les leviers pour perdre du poids sont multiples, c’est plutôt une bonne nouvelle, non ?

Aline Demolin

J’accompagne les femmes à retrouver douceur et vitalité au fil de leur cycle

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